mercredi 1 novembre 2017

Le militaire : Une réflexion sur l’enfermement et la solitude

Le militaire est le troisième long métrage de fiction réalisé par le cinéaste canadien Noël Mitrani, connu pour Sur la trace d’Igor Rizzi (2007) et aussi auteur du polar de série B The Kate Logan Affair (2011). Le film a été produit en totale indépendance pour quelques milliers de dollars seulement.
Un brin échaudé après le demi échec de Kate Logan, Mitrani retourne cette fois à des choix plus personnels et plus radicaux et nous livre un troisième film original qui rompt avec les codes du cinéma d’auteur québécois « traditionnel ».

Mettant en scène Laurent Lucas, son acteur fétiche, Mitrani nous propose le portrait d’un homme malade, ancien combattant semble-t-il, qui souffre de blessures tant physiques que psychologiques. Entretenant un étrange rapport avec les femmes, ce militaire dérangé nous offre une vision de l’enferment et de la solitude.
Tourné à l’automne 2012, ce projet fortement basé sur l’amitié liant ses participants, est, à l’heure d’écrire ces lignes, en recherche d’un distributeur.
>> Voir le teaser du film
Laurent Lucas et Noémie Godin-Vigneau dans Le militaire de Noêl Mitrani (©Gapian Films)
Un homme boiteux sort de chez lui et se lance à corps perdu dans la rue livrer un assaut final contre un ennemi imaginaire, tirant à balles irréelles à l'aide de sa canne-fusil. Barbu, d'allure presque barbouze, notre homme se bourre de médicaments pour soigner son diabète. Méticuleux et ordonné, il vit seul dans un quartier résidentiel de Montréal et ne quitte que très peu son appartement, sauf pour quelques balades lui donnant l'occasion de croquer à la dérobée de jeunes et jolies passantes. Il n'a pas d'amis connus et passe le plus clair de son temps à s'inventer une blonde tout en regardant ses photos indiscrètes.
Un jour, il fait la connaissance d'Audrey, une jeune promeneuse solitaire du parc voisin. Intrigué, fasciné par elle, il la retrouve quelques jours plus tard et lui propose d'acheter son manteau...
©Charles-Henri Ramond

http://www.filmsquebec.com/films/militaire-noel-mitrani/

vendredi 30 janvier 2015

Retour à la vie : Le Militaire de Noël Mitrani

Ciné-Bulles, Volume 33, numéro 1, hiver 2015, p. 50
Critiques - Le Militaire de Noël Mitrani Retour à la vie
Par JEAN-FRANÇOIS HAMEL


Après avoir réalisé Sur la trace d’Igor Rizzi (2007) et The Kate Logan Affair (2011), Noël Mitrani confirme, avec Le Militaire, son obsession pour les personnages tourmentés par un lourd passé impossible à nier. Ce plus récent film raconte l’histoire d’un ex-militaire habitant un modeste appartement de Montréal. Une vie solitaire, une routine sans fin, Bertrand semble victime d’un choc post-traumatique qui l’empêche de s’extirper de sa condition fragile. À la fois instable et obsessif, il occupe son temps à photographier des passantes dans la rue, jusqu’au jour où l’une d’entre elles, Audrey, bouleverse cette pratique malsaine. Récit d’une lente dégringolade que rien ne paraît, de prime abord, vouloir arrêter, Le Militaire brosse le portrait assez fascinant du moment fatidique où un être sans but revient d’entre les morts. La scène d’ouverture est ainsi révélatrice du projet du film : sans que le spectateur ne sache très bien dans quel univers il est amené, il devine que cet homme, dans ce qui apparaît comme une séquence de guerre, est pris au piège et laissé à lui-même, avant de prendre conscience qu’il ne s’agit que d’un simulacre de conflit. Son fusil n’est en fait qu’une canne, qu’il brandit en l’air comme une arme prête à terrasser l’ennemi, ce qui accentue le sentiment de désillusion qui l’affecte si terriblement et que dévoile avec éloquence le faux combat qu’il mène contre ses propres moulins à vent. Toute la première partie du film va dans ce sens, la caméra de Mitrani rendant avec sensibilité la monotonie des gestes de son protagoniste, sans se plier à des impératifs narratifs. Une certaine manière de faire cuire les oeufs tous les matins, le vêtement très formel et austère qu’il porte toute la journée, autant de détails que renvoie avec justesse la mise en scène étouffante, presque claustrophobe du cinéaste. 

http://www.erudit.org/culture/cb1068900/cb01634/73199ac.html?vue=resume&mode=restriction

mercredi 22 octobre 2014

Le militaire pulls the audience into a troubling downward spiral of paranoia

Every day, Bertrand scrupulously monitors his blood sugar level and blood pressure. Every day, he meticulously irons the white shirt he wears with his black suit. Every day, he breakfasts on fried egg yolks and sliced white bread. And every day, he briefly ventures out with his camera, photographing random young women to compile his fake memories. One day, he even offers one of them $500 for her coat. Since returning from Afghanistan with a leg injury, this French-born former soldier has had trouble coming to grips with reality and overcoming his loneliness. On the heels of SUR LA TRACE D'IGOR RIZZI and THE KATE LOGAN AFFAIR, Noël Mitrani once again works with his favourite actor, Laurent Lucas, casting him in a complex, murky role as a soldier adrift. Inhabiting every shot with his undeniable presence, he’s the vulnerable and elusive backbone of this minimalist psychological thriller. An entirely independent production shot guerrilla-style in two weeks on the streets of Montréal in Super 16, Le militaire pulls the audience into a troubling downward spiral of paranoia.
– Helen Faradji
https://www.festivalscope.com/film/the-military-man#%2Ffilm%2Fthe-military-man%2Fmain

Los efec­tos de la gue­rra

Los efec­tos de la gue­rra en la esta­bi­li­dad men­tal de quie­nes par­ti­ci­pan en la misma que­dan refle­ja­dos en Le Mili­taire (Canadá) de Noél Mitrani. Con una pul­cra narra­ción mini­ma­lista, Lau­rent Lucas es prác­ti­ca­mente el único per­so­naje de una his­to­ria que lo mues­tra carac­te­ri­zando a un ex mili­tar fran­cés que des­pués de su par­ti­ci­pa­ción en el con­flicto bélico de Afga­nis­tán, ade­más de haber que­dado par­cial­mente dis­ca­pa­ci­tado, se encuen­tra emo­cio­nal­mente per­tur­bado. Lucas trans­mite cabal­mente la psi­co­lo­gía de este per­so­naje cuya vida dia­ria está ali­men­tada por fre­cuen­tes deli­rios y en donde su efí­mero con­tacto social se pro­duce al inter­ac­tuar con una chica a quien encuen­tra en un par­que. En este film inquie­tante y de esca­sos diá­lo­gos Mitrani logra que sus imá­ge­nes expre­sen por sí solas el drama de un indi­vi­duo impo­si­bi­li­tado de reanu­dar una exis­ten­cia nor­mal por los trau­má­ti­cos acon­te­ci­mien­tos expe­ri­men­ta­dos en el pasado.
Cró­nica de Jorge Gut­man
http://tribunacultural.com/2014/10/20/evaluacion-del-festival-du-nouveau-cinema/

mardi 21 octobre 2014

Le militaire : Le retour à la vie

Le réalisateur Franco-Canadien Noël Mitrani présentait à l’occasion du Festival du Nouveau Cinéma de Montréal son dernier long-métrage « Le Militaire » qui avait été tourné quelques temps plus tôt à la métropole Québécoise. Ce drame nous immerge dans la vie d’un ex-militaire revenu d’Afghanistan et qui souffre du syndrome post-traumatique que vivent les anciens combattants. Le militaire est ainsi tiraillé par sa volonté de vivre et sa souffrance psychologique qui le conduit à consommer quotidiennement des médicaments. Il a beaucoup de difficulté à accepter ce qu’il est devenu et à admettre sa réalité présente. Laurent Lucas, qui interprète le rôle du militaire dans ce thriller est plein de vulnérabilité dans son jeu d’acteur et marque sa présence sur l’écran aux cotés de Noémie Godin-Vigneau, qui transperce l’écran avec sa fragilité et sa sensibilité.

Carole Dumont (L’initiative)

http://linitiative.ca/2014/10/20/le-militaire-le-retour-a-la-vie/